Les députés ultramarins condamnent les propos du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer

Les députés ultramarins ont condamné les propos du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, tenus lors d’un colloque à Paris, qui minimisaient l’histoire de la colonisation et de l’esclavage. Ils ont également rappelé que les territoires ultramarins restent sous-développés et ignorés par le gouvernement.

Des députés ultramarins ont condamné les propos du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer qui, lors d’un colloque à Paris, a déclaré :

C’est la République française qui a aboli l’esclavage (…) on demande donc (aux territoires ultramarins) d’aimer la République

Il y a aux Antilles, en Guyane, un sentiment identitaire, de réaction, qui mérite d’être entendu mais qui (…) ne mérite pas d’être entendu comme la Nouvelle-Calédonie a le mérite d’être entendue parce que ce n’est pas la même histoire.

Gérald Darmanin

Les députés estiment que ces propos sont une « forme nouvelle de révisionnisme historique » et que l’abolition de l’esclavage est avant tout le fruit de la lutte des ancêtres, la consécration des vies sacrifiées des femmes et des hommes, et le résultat de la résistance constante des esclaves.

Ils pointent également du doigt le fait que la France « maintient les territoires d’outre-mer dans un état de sous-développement chronique » et « passe sous silence les outre-mer dans les projets de loi présentés au Parlement ». Les députés dénoncent la colonisation qui a vidé les peuples de leur culture et qui a causé des conséquences actuelles telles que les outre-mer restent le pur produit de l’expansionnisme et sont envisagés comme des relais de puissance et d’influence.

Ils rappellent au gouvernement que les populations des territoires ultramarins ont des revendications identitaires au coeur du processus de réappropriation de leurs fondements culturels dépossédés et que leur légitimité n’a pas à être graduée.
Les députés déplorent la préparation par le gouvernement d’une nouvelle loi de programmation militaire pour « renforcer les forces de souveraineté en outre-mer », mais ignore les conditions de vie décentes pour les populations. Les signataires demandent une réponse juste et équitable pour les populations ultramarines.

Les signataires sont les suivants :