Le 1er septembre 2022, le nouveau Procureur Général près la cour d’appel de Basse-Terre, Eric MAUREL, a pris ses fonctions en remplacement à l’ancienne Procureure Générale, Danielle DROUY-ARAL.

Eric MAUREL, magistrat depuis 36 ans, a réalisé ses études de droit sur l’île de la Réunion, puis à la Faculté de droit de Bordeaux. Il a par la suite passé le concours de la magistrature et a ainsi exercé en tant que magistrat en 1987, après deux années d’école dans le domaine.

Toute sa carrière a eu lieu sur le Parquet (le Ministère public). M. Maurel nous explique que l’ordre judiciaire est divisé en deux corps : « il y a les juges, ce qu’on appelle les magistrats du siège ; et les procureurs et les substituts du procureur qu’on appelle la magistrature debout. »

Ancien Procureur de la République à Nîmes, il nous raconte

Pour le Procureur Général, être Procureur de la République à Nîmes c’est « quelque chose d’intense ».

« C’est un ressort du département du Gard. Il y a beaucoup de criminalité organisée, de très grands trafics internationaux de stupéfiants, du proxénétisme… C’est beaucoup de violence : des meurtres, des violences conjugales…»

Il souligne qu’il y a malheureusement également ici en Guadeloupe, beaucoup de criminalité organisée et de trafics internationaux de stupéfiants, beaucoup d’homicides et de violences conjugales. Ce sont alors les thèmes principaux sur lesquels il travaillera sur notre île, à la suite de son expérience passée.

Le déclic d’Eric MAUREL pour cette profession

Considérant que le droit est de la philosophie appliquée et passionné en terminale par la philosophie, il s’est rendu compte que les sujets qui l’intéressaient particulièrement étaient ceux touchant au pouvoir, à l’état, à la justice, à l’égalité, à l’éthique, etc…

M. Maurel a été encouragé à effectuer des études de lettres et aurait également pu étudier la philosophie, mais il avait besoin de quelque chose de « très opérationnel, très ancré dans l’action au sein de la cité…», le droit lui a alors paru être la voie à suivre.

Comme dit comme fait, dès ses débuts, il s’est pris de passion pour le droit et a souhaité devenir magistrat, voire Procureur de la République. Il nous explique qu’il aurait pu être avocat mais que deux choses l’en ont empêché.

« J’avais envie de défendre l’intérêt public, l’intérêt général, la société, c’est ce que fait le procureur. L’avocat, lui, porte les intérêts de son client, donc d’un individu. Le métier d’avocat est un métier très difficile et on n’est jamais bien certain de gagner sa vie. »

Ce que le Procureur Général aime dans le métier

Selon lui, magistrat et notamment Procureur Général, sont de très bons métiers car cela touche à l’humain.

« En matière pénale, criminelle, on parle à des victimes, à des prévenus et à des accusés […] On est face à des femmes et à des hommes, le droit est un outil de régulation des rapports entre les individus. »

Être magistrat, c’est avoir des responsabilités, prendre des décisions, selon le nouveau Procureur Général près la Cour d’appel de Basse-Terre, avec environ une dizaine voire une centaine de décisions à prendre par jour, ce qu’il trouve passionnant.

C’est également un métier où l’on peut faire énormément de choses nous dit-il, « on peut être juge des enfants, juge d’instruction, juge de l’affaire familiale, substitut du procureur de la République… mais surtout tout au long de la carrière, on peut changer. »

Les qualités requises pour être magistrat sont pour Éric MAUREL la curiosité, celle sur les questions de société, l’ouverture au monde.

« Un magistrat ne peut pas être indifférent aux questions environnementales, aux questions relatives aux droits des femmes, aux questions de genre… le droit est partout. »

Retour aux sources pour le nouveau Procureur Général

Contre toute attente, notre nouveau Procureur Général près la cour Basse-Terre, Eric MAUREL, a vécu une partie de son enfance en Guadeloupe.

Son père était venu y travailler de 1963 à 1966. Il a vécu à la Désirade, au Moule et à Petit-Canal, faisant ainsi sa maternelle et le début de sa primaire avant de retourner dans l’hexagone.

Ses parents, sous le charme de notre magnifique papillon, ont décidé de venir y vivre en fin 1976, début 1977. Il a été au collège et au lycée de Massabielle où il a passé son bac de français.

« Une des premières figures qui a marqué mon adolescence puisque j’ai eu la chance de vivre et d’étudier en Guadeloupe, c’était Victor Schoelcher, mais quand vous êtes en métropole, ça ne parle pas aux gens. Ici, c’est quelque chose de très important et cet esprit de la Seconde République, des droits humains, de la liberté, etc… je l’ai acquis et développé ici en Guadeloupe. »

Ses passions et ses passe-temps

M. Maurel entretient une passion particulière pour l’écriture. Il a rédigé des œuvres remarquables notamment Paroles de Procureur publié chez Gallimard en 2008, ce qui est pour lui une vraie fierté ; ainsi qu’un deuxième livre actuellement à l’étude chez Gallimard.

Il rédige des ouvrages juridiques, d’autres sur des sujets sociétaires, comme sur la violence faite aux femmes, des essais historiques… et ce n’est pas fini car M. Maurel nous reserve d’autres surprises avec deux romans en cours !

Concernant ses passe-temps, il s’agit de voyages, de randonnée et de trekking avec son épouse. Ils ont parcouru le chemin de compostelle, soit 1515km à pied.

Quelle est la place des réseaux sociaux actuellement ?

Selon Éric MAUREL, le nouveau Procureur Général près la cour d’appel de Basse-Terre, la place des réseaux sociaux est trop importante.

Il y est et tweet régulièrement mais il pense qu’il faut avoir suffisamment de maturité pour pouvoir les maîtriser.

« Les réseaux sociaux sont aussi des lieux de violence, de haine, d’incompréhensions et parfois de destruction d’éléments culturels de base… les réseaux sont très dangereux. »

Mais il pense également que ceux-ci sont indispensables.

« Ce sont aussi des moyens de propager un discours démocratique, de favoriser la liberté de parole et les lanceurs d’alerte […] Ça permet d’alerter sur la situation d’une communauté, d’une femme, d’un homme, d’un pays comme l’Ukraine […] C’est un lieu de communication qui permet de s’adresser aux plus jeunes qui lisent peut-être moins le journal et écoutent peut-être moins la radio. »

Des projets pour les jeunes ?

Actuellement dans la redécouverte de la Guadeloupe et de sa population, il souhaite pouvoir porter une parole envers et auprès des jeunes, permettant aux acteurs associatifs de le contacter s’ils jugent utile qu’il vienne au contact des plus jeunes dans des régions de quartiers, d’associations, etc…

« Il faut croire en vous. La vie est belle, le monde est beau, l’avenir vous appartient. Il faut croire en vos capacités, en ce que vous avez envie de faire. Si on a envie, on se donne les moyens et on finit par y arriver. Il ne faut pas avoir peur de l’échec […] j’ai moi-même eu des échecs, l’échec fait partie de la vie. »

Il souhaite transmettre ce message d’espoir à tous nos jeunes lecteurs.

Alexandre Labat-Mars
Président/Rédacteur en chef

Président, rédacteur autodidacte, aborde les sujets qui fâchent, en perpétuel apprentissage.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *