Dans 10 ans, serons-nous encore la septième puissance du monde ? Serons-nous encore une nation souveraine ou un auxiliaire des États-Unis, un comptoir de la Chine ? Serons-nous une nation unie ou une nation éclatée ? Face à ces questions vitales, pas de fatalité. Ni au grand remplacement, ni au grand déclassement. Je vous appelle au sursaut.

Valérie Pécresse

Bien que très brièvement évoqué durant son grand meeting de campagne au Zénith de Paris, en février dernier par Valérie Pécresse, candidate LR à l’élection présidentielle ; « le grand remplacement » aura valu un déluge de critiques d’une large partie de la classe politique car cette idée était jusque-là une exclusivité de l’extrême droite. 

D’où vient cette théorie du « grand remplacement » ?

L’expression vient de Renaud Camus, écrivain d’extrême droite et figure des milieux identitaires, qui l’utilise pour la première fois dans un essai publié en 2011, précisément intitulé « Le grand remplacement ».

L’idée est cependant plus ancienne, ayant été formulée avant les écrits de R. Camus. Nous pouvons la résumer ainsi : c’est la substitution du peuple européen ou français de souche par une population d’immigrés (venus principalement d’Afrique, du Maghreb) en une ou deux générations.

Ce fantasme d’une « submersion migratoire » était déjà d’actualité à la fin du 19ème siècle dans les courants nationalistes et antisémites mais il prend particulièrement de l’ampleur après la seconde guerre mondiale dans les cercles néonazis, fantasmant un complot juif. Une construction idéologique similaire émerge de façon concomitante aux États-Unis : « White genocide ».

Sur les 20 dernières années, ce sont les courants identitaires qui reprennent cette notion de changement de population en éclipsant l’argumentaire antisémite par un argumentaire raciste et islamophobe bien plus mobilisateur.

Une théorie raciste xénophobe mais aussi complotiste

Selon le discours des sphères néonazies après la seconde guerre mondiale, les élites dirigeantes capitalistes dont feraient partie les juifs, organiseraient volontairement une immigration massive afin de construire un homme « post-moderne » et « déraciné » : un complot juif visant à remplacer la race blanche par une humanité métisse vivant partout des mêmes marchandises. Renaud Camus récuse cet élément complotiste-antisémite qui, accolée à sa théorie, n’aurait selon lui que pour objectif de la décrédibiliser.

Malgré tout, il dénonce les élites mondialistes et les défenseurs des droits de l’homme qui laisseraient faire le grand remplacement.

Une théorie non valide de l’ordre du fantasme

Le grand remplacement est une contre-vérité qui ne répond à aucun argument rationnel. Le fantasme d’une « substitution du peuple en une ou deux générations » s’effondre face aux statistiques et données démographiques actuelles de l’INSEE. 

La part de la population immigrée dans la population française totale reste largement minoritaire sur les 75 dernières années, tout comme dans les projections jusqu’à 2050. 

Cette idéologie qui voudrait se substituer à la réalité n’existe pas et l’usage des statistiques est de ce fait récusé par les partisans du grand remplacement. Elles seraient un mensonge. 

Renaud Camus appelle à la « simple observation de la réalité » de notre environnement qui suffirait à démontrer l’africanisation de la société française. Le constat que la proportion d’immigrés est supérieure à la moyenne française dans certains territoires urbain, est ainsi instrumentalisé pour en tirer des généralités sur la France entière.

Ainsi, même si cette expression ne repose sur aucun fondement historique, démographique, ou statistique elle s’est popularisée par sa diffusion sur internet (le hashtag #grandremplacement en Trending Topic sur twitter) ou par le relais d’Éric Zemmour (ancien polémiste et candidat à l’élection présidentielle) durant de nombreuses années, presque quotidiennement à la télévision française. 

Devenue un slogan de l’extrême droite française, le terroriste Brenton Tarrant lui donne une notoriété mondiale en publiant un manifeste du même nom et en tuant 51 personnes en mars 2019 lors des attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

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