La CRS 81 et la CRS 83 en route pour la Martinique ?
Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) 81 et 83 seraient actuellement en vol pour la Martinique, selon nos informations. Ces unités, spécialisées dans la gestion des violences urbaines, sont habituellement stationnées à Marseille et dans le Rhône.
Elles viennent renforcer les dispositifs déjà sur place, alors même que les autorités ont signalé une “nette diminution” des violences sur le territoire.
Cette décision soulève des interrogations quant à la stratégie de maintien de l’ordre et la nécessité de maintenir une présence renforcée de forces de sécurité sur l’île. En effet, si les tensions semblent s’apaiser, l’envoi de renforts pourrait indiquer une volonté des autorités de rester prudentes et de prévenir tout regain de tension. La Martinique connaît depuis plusieurs semaines une période de manifestations et de contestations liées à la vie chère, avec des blocages et des tensions entre manifestants et forces de l’ordre.
Aucun commentaire officiel
Pour le moment, les autorités n’ont pas encore commenté officiellement l’arrivée de ces renforts, mais l’envoi des CRS 81 et 83 pourrait être perçu comme un signal de fermeté de la part de l’État. L’information a toutefois été communiquée par les syndicats et certaines publications de policiers sur les réseaux sociaux.
Reste à voir si ce déploiement permettra de maintenir la paix sociale ou s’il alimentera les critiques des organisations locales, qui dénoncent déjà la “répression” des mouvements sociaux sur l’île.
Pour rappel, vendredi 11 octobre dernier, le ministre de l’Intérieur avait annoncé l’envoi de renforts en Martinique.
Vedettes tropicales : un service minimum mis en place
La vie n’est pas simple depuis près de deux semaines pour les personnes ayant l’habitude d’aller au travail ou en cours grâce aux vedettes tropicales entre les Trois-Îlets et Case-Pilote. Les salariés dénoncent des salaires trop bas et des bateaux vétustes utilisés pour assurer le service.
Ce n’est pas la première fois par ailleurs que les salariés des vedettes tropicales se mobilisent pour ces raisons et les usagers peinent à trouver des solutions. Entre ceux qui n’ont pas de véhicule personnel et ceux qui veulent à tout prix éviter les embouteillages, les solutions restantes restent : la voiture, le bus avec un trajet jusqu’à 7 fois plus long ou alors le co-voiturage. Face à la situation, d’autres ont opté pour le télétravail et les cours en distanciel.
Un service minimum assuré, un soulagement
Seules les rotations entre le bourg des Trois-Îlets, la Pointe-du-bout et Fort-de-France seront assurées pour le moment. Les deux embarcadères débutent leur service à 5h45 et seront desservis respectivement toutes les 45 et 30 minutes.
100 personnes pourront grimper dans chaque navette. Pour l’heure aucune information n’a été donnée pour un potentiel remboursement des abonnements mensuels qui nous le rappelons sont de date à date.
Grève à Air Antilles : un nouveau préavis concernant l’ensemble des salariés
Encore une mauvaise nouvelle pour la compagnie Air Antilles. Depuis le 14 juillet dernier, date de début du préavis de grève des pilotes, les représentants SNPNC/FO ont au travers d’un communiqué de presse, fait savoir leur solidarité vis-a-vis du mouvement. Pourtant, le personnel n’avait pas déposé de préavis de grève à leur tour. Une décision qui s’explique selon la déléguée syndicale :
« Nous avions pensé au début qu’il était impossible pour nous de se joindre à la grève en raison de nos bas salaires. Nous avons finalement décidé de le faire quand même puisque le problème persiste et que le Directeur Général continue à nous faire du chantage reposant sur un « dépôt de bilan de la compagnie » »
Melissa Germé – Déléguée Syndicale SNPNC/FO
En effet, dans le communiqué en date du 14 juillet 2023, SNPNC/FO indiquait « ne pas exclure de se joindre à cette légitime et nécessaire mobilisation ».

Les agissements du PDG d’Air Antilles fortement pointés du doigt
Le mouvement de grève s’intensifie au fil des jours. Cela serait dû, selon les pilotes de la compagnie, au manque d’actions concrètes de la part du Président Directeur Général de la compagnie. En effet, les pilotes soulèvent un réel problème de communication émanant de la direction, le même selon eux existant entre la compagnie et les voyageurs.
« Selon notre accord avec la direction, tous les lundis jusqu’au 30 juin nous devions négocier. Sur la période, 26 réunions étaient possibles, seul 6 ont été effectuées pour établir le cadre. Nous ne sommes donc jamais entrés concrètement dans les négociations. Même au nouveau préavis de grève, la direction n’a jamais réellement tenté de négocier. »
Un pilote d’Air Antilles
La principale revendication des salariés est un accord d’entreprise équitable pour tous, notamment au niveau rémunération et des conditions de travail. Selon les syndicats, les rémunérations d’Air Antilles seraient parmi les plus basses du système français dans ce secteur.
« On accepte parce que nous voulons tous rester aux Antilles et c’est l’une des seules compagnies qui nous le permet. »
Un pilote d’Air Antilles
Selon la déléguée Syndicale SNPNC/FO, un PNC (Personnel navigant commercial) Air Antilles touche une part fixe sur un forfait de 50h. Cette part serait supérieure au SMIC (soit 1600-1700€ brut), sauf que leur salaire réel se rapprocherait du SMIC. « On a eu beaucoup de fiches de paie d’un montant entre 700 et 1200€ par rapport aux arrêts maladie et aux jours de récupération pris, et ce malgré les remboursements de la sécu. Ce n’est qu’après que ce montant a commencé à nous être versé. C’est une sorte de punition », nous explique t-elle. « Tous les jours il y a des changements de planning de dernière minute et si on ne peut pas se présenter au travail alors nous sommes noté absents donc on ne nous rémunère pas. »


Les voyageurs en subissent également les conséquences
C’est une situation insoutenable pour le personnel de la compagnie et se répercute sur les voyageurs de part le mouvement de grève et le manque de communication d’Air Antilles.
« Nous avions un vol prévu à 13h45. Nous nous sommes présentés très tôt, à 10h30. La veille, des amis avaient un vol à 8h, on les a déplacé sur un vol de 13h puis 19h et ils sont finalement partis à 22h45. Nous avons eu une expérience similaire. Nous sommes revenus vers 17h, moi j’ai annulé mon vol. On a fait rentrer mon fils en salle d’embarquement à 18h pour un vol à 19h20. À 20h, il l’appareil n’était toujours pas disponible et il a finalement embarqué à 21h50. »
Témoignage d’un voyageur
En parallèle, de nombreux commentaires d’internautes sur les réseaux sociaux se plaignent de retards de remboursement. Certains d’entre-eux attendent depuis de nombreux mois, voire plus de 2 ans selon leurs dires.
Les conséquences sur les voyageurs sont bien connues des salariés d’Air Antilles qui tiennent à rassurer : « Nous ne sommes pas là pour prendre les passagers en otage. Nous subissons également le manque de communication de la compagnie. »
La direction de la compagnie, contactée, n’a pas répondu.